La cité dans tous ses états

Vous avez parcouru la Cité en long, en large et en travers et vous voulez en savoir toujours plus ? Vous êtes insatiable ! Voici donc, en résumé, les grandes lignes de l’histoire de la cité de Carcassonne.

La Cité n’est pas une forteresse isolée mais une ville fortifiée, érigée en sentinelle sur le récif de la falaise qui domine le fleuve Aude. Romains, wisigoths, sarrasins, francs, féodaux, sénéchaux et rois de France jusqu’à Viollet-le-Duc et ses compagnons tous ont apporté une pierre à l’édifice pour constituer cette splendide citadelle.

Les origines d’une grande forteresse

Les premiers occupants

On sait peu de choses des premiers habitants des lieux, mais il semble qu’ils soient arrivé vers le IXème siècle avant J-C.

Par la suite, la tribu celte des Volques Tectosages choisit de s’installer sur le promontoire qui deviendra la cité de Carcassonne en raison de sa position stratégique et pour l’accès à l’eau. Au IIIème siècle avant notre ère, ce village fortifié, cet oppidum, porte de le nom de Carcasso.

Les Légions de Rome

La région étant située entre Méditerranée et Atlantique, les romains y voient une opportunité de développement commercial. Ainsi, ils s’établissent en Gaulle Narbonnaise au cours du deuxième siècle avant Jésus-Christ. Sous le règne de Jules César, la mise en place de la colonie permet d’assurer la domination romaine en Gaulle. Ainsi, la Colonia Julia Carcasso voit le jour et de nombreux vétérans de la légion s’y installent. Pendant quatre siècles, Carcassonne jouit de la Pax Romana, la paix romaine. Cependant, lorsque les hordes barbares commencèrent à attaquer les frontières de l’Empire, la colonie, se transformera en « castellum ». La première muraille sera érigée entre la fin du IIIème et le début du IVème siècle et Carcassonne adoptera alors définitivement son habit fortifié !

une cité disputée

chacun Sa croyance

Après la chute de Rome, les wisigoths s’emparèrent de Carcassonne. La Cité devint pour eux une base d’opération, un grand quartier général qu’ils occupèrent pendant environ trois siècles.

A partir de 725, les sarrasins envahissent la région. Ces musulmans venaient d’Espagne et leur emprise a laissé sur le monument plus de souvenirs et de légendes que de constructions.

Charles Martel fit triompher la cause chrétienne et les Carolingiens devinrent bientôt tout puissants. Après la mort de Charlemagne, son empire se désagrégea rapidement et les envoyés du pouvoir central se rendirent peu à peu indépendants. Ce fut le début de l’époque féodale, au cours de laquelle les comtes et vicomtes de Carcassonne régneront pendant trois siècles.

Blason des Vicomtes Trencavel

L’âge d’or occitan

La dynastie des Trencavel se distinguera particulièrement dans l’histoire de la Cité. Ils seront notamment à l’initiative de la construction du château. Au XIIème siècle, il se nommait «Palatium» et représentait un pouvoir féodal fort et puissant. Quoique l’on dise aujourd’hui, on voyageait beaucoup au Moyen-Âge . Le commerce était florissant en Occitanie, grâce aux échanges commerciaux avec le Moyen-Orient notamment. Ces échanges et cette ouverture d’esprit permirent d’établir ici un climat de tolérance.

Ainsi, dès le XIème siècle, apparaît une forme de pensée que l’on appelle aujourd’hui « Catharisme ». Cette doctrine chrétienne est également basée sur le dualisme oriental. Selon les cathares que l’on nommait aussi Albigeois, il y a un Dieu du Bien, créateur de tout ce qui touche l’esprit et le principe du Mal, créateur du monde visible, donc de l’homme, de la matière et de tout ce qui a une existence terrestre. Le catharisme avait pour volonté de revenir aux fondamentaux du Christianisme prônant une simplicité de vie terrestre. Le catharisme se montra peu à peu comme un «contre-pouvoir» ecclésiastique dont la papauté ne pouvait tolérer la présence.

Pour couper court à l’expansion de cette doctrine et également dans un but de domination territoriale, le pape Innocent III appelle à la Croisade contre les Albigeois. Son armée de Croisés est essentiellement composée d’hommes du roi de France. Philippe Auguste vit dans cette lutte « spirituelle » une possibilité d’étendre son pouvoir en Occitanie.

Un tournant brutal

A partir de 1209, les Croisés déferlaient sur le Midi, afin d’exterminer ces Albigeois. La Cité résista à l’assaut et Raymond-Roger Trencavel, le vicomte, supporta quinze longs jours l’attaque des barons du Nord. Seul le manque d’eau l’obligera à se livrer à l’ennemi, le 15 Août 1209. La Croisade dura 20 ans en Occitanie et à son terme, la région et donc la Cité échoient au roi de France, Saint Louis. La Cité féodale subit encore un siège en 1240. Il fut mené par Raimond-Roger II Trencavel, héritier du vicomte déchu. Celui-ci souhaitait récupérer le fief de son père mais, le pouvoir royal avait déjà entrepris les fortifications et disposait d’une armée redoutable. Cette tentative se solda par un échec, et Carcassonne sera définitivement ville royale.

Le roi Louis IX dit Saint-Louis

Saint Louis compris qu’il fallait donner une armure inviolable à la Cité. L’enceinte extérieure fut élevée, les portes d’accès à la cité furent protégées par des barbacanes et la muraille fut flanquée de nombreuses tours. La double enceinte obligeait ainsi les ennemis de l’extérieur à franchir deux obstacles. Philippe le Hardi, fils de Saint Louis, dota la ville d’un système défensif quasi inexpugnable. Dès lors, Carcassonne sera considérée comme imprenable.

De l’oubli à la renaissance

Pendant presque 400 ans, la Cité avec son armure impénétrable assure la sécurité du Royaume de France face à l’Aragon puis face à l’Espagne. Sa puissance militaire dissuade n’importe quel assaillant. L’armée du roi veille, il en va de la réputation de la France ….

La fin d’un monde

Cependant, en 1659, le Traité des Pyrénées ôte son rôle stratégique à Carcassonne, repoussant la frontière entre la France et l’Espagne jusqu’aux Pyrénées. C’est à cette époque que commence la décadence. La Cité sera bientôt mise au rang de place de guerre anecdotique.

Les lices au début du XIXème siècle

En 1836, Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, un érudit carcassonnais amoureux la Cité, alerta le gouvernement de l’état de délabrement de la forteresse. Pendant de longues années, il ne cessa de réclamer la restauration de la Cité.

Et son renouveau

En 1840, commencent les travaux de réparation de la basilique Saint-Nazaire et Saint-Celse. Ensuite, Viollet-le-Duc fut chargé des restaurations et consolidations des tours et remparts de la Cité. Pendant environ cinquante ans, cet architecte controversé et ses élèves ont œuvré pour rendre à Carcassonne la splendeur qu’elle affichait à l’époque royale.

Eugène Emmanuel Viollet-le-Duc

Cette ville fortifiée, dont vous connaissez maintenant l’histoire, est, depuis 1997, inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO. A votre image, quelques deux millions de visiteurs viennent y revivre le Moyen-Âge chaque année.

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